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    mercredi 27 avril

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    Nous vivons un moment de terrible confusion sur ce qu’est la France. Car depuis le début des années 1970, les repères se sont progressivement évanouis lorsque nous avons laissé notre pays se soumettre à une tutelle destructrice. Dans la crise de civilisation que nous vivons, nous sommes en effet aujourd’hui pieds et poings liés à un système atlantiste qui s’effondre, à une Europe de faux monnayeurs et à une culture de la déconstruction. Les uns, comme le pouvoir actuel, multiplient les enfumages pour cacher leur démission et les autres se réfugient dans un rêve de repli national comme des lapins se précipitant au fond de leur terrier.

    Pendant ce temps, le peuple français ressent qu’on le trahit en trahissant la mission historique de la France. C’est cette mission que je me voue à faire renaître dans un monde auquel depuis plus de quarante ans nous avons manqué. La France est d’abord une idée qui n’a de sens qu’en inspirant. Ce ne peut être par des formules ou des institutions, mais en faisant œuvre de médiateur pour le progrès du monde et en éclairant ainsi la route commune. Jamais en s’adaptant à un modèle tout fait, mais toujours en s’élevant au dessus d’une manière de penser pratique et répétitive. Einstein et Langevin nous disent que l’univers est totalement illogique si on tente d’y plaquer une logique existante. Il en est de même pour la souveraineté nationale et populaire. Elle se situe dans le refus de l’inadmissible mais toujours au nom d’un projet permettant de surmonter les limites du passé et de bousculer les idées reçues.

    « Rendre les générations futures meilleures que nous-mêmes. »

    « Impossible n’est pas français » est quelque chose qui, depuis l’Argentine où je suis né, a toujours parlé d’abord à mon cœur puis à mon esprit, car il est de notre nature de faire des choses dont on ne serait jamais cru capable. Par exemple comme Lazare Carnot, combattre toute l’Europe des Anciens Régimes coalisée contre nous, car on s’est engagé à élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine. Par exemple partir à Londres et y créer la France libre. Par exemple devenir, comme Irène Joliot-Curie, ministre de la République avant même que les femmes n’aient obtenu le droit de vote. Par exemple, aujourd’hui, sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, non par vaine bravade mais parce que l’on porte un plus haut projet et pour en finir avec des politiques honteuses. Combattre la guerre pour assurer la paix ne suffit pas, tout comme il ne suffit pas de sortir de l’UE pour nous assurer un futur. Il faut la volonté d’être exemplaire, de partir des principes qui permettent de l’être et susciter l’unité nationale en « faisant accord de discords » , comme le firent les politiques du XVIe siècle et le Conseil national de la Résistance.

    Sortir de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN ne signifierait rien ou serait suicidaire, même si c’est indispensable, si l’on ne renouvelle pas notre pacte avec la liberté du monde en combattant les féodalités financières et en rassemblant autour d’un projet toutes les forces pouvant donner pour ce combat décisif. Il s’agit d’abord d’une culture de la vie, comme celle d’une chorale rassemblant des registres de voix différents qui s’entrecroisent et au sein de laquelle on découvre son apport à l’ensemble en écoutant autrui et l’intention du compositeur.

    Rien n’est immuable si ce n’est le dessein de rendre les générations futures meilleures que nous-mêmes et de risquer dans ce combat son honneur, son patrimoine et sa vie. Utopie ? C’est l’idéal qui a fait la France. Je mettrai tous mes efforts, dans la dynamique de la campagne présidentielle, auprès du peuple et des élus, pour le faire renaître.

    Au nom du meilleur de notre passé, revoyons donc ensemble avec les yeux du futur. C’est notre vraie identité nationale.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.