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    François Hollande sur TF1 : petit jeu face à une grande crise

    dimanche 9 septembre 2012

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    Déclaration de Jacques Cheminade

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    Paris, le 9 septembre 2012 – Le plus révélateur dans l’intervention de François Hollande sur TF1 a été ce qu’il n’a pas dit. Face à une crise financière mondiale, à un euro menacé et à un risque de guerre dont le détonateur se trouve au Moyen-Orient, le Président de la République a tenu un langage de Premier ministre parlant de politique intérieure. Rien sur le Traité budgétaire européen, rien sur l’initiative prise par Mario Draghi d’ouvrir toutes grandes les portes de l’émission monétaire pour renflouer les établissements financiers, rien sur la Syrie ou sur l’Iran. Quant au combat contre l’adversaire désigné au Bourget, juste un mot en passant : «  la réforme bancaire qui va arriver » , sans plus de précisions.

    Pire encore, son « agenda du redressement en deux ans » est fondé sur deux batailles, une lutte contre le chômage et une lutte contre la dette. Sans se poser un seul instant la question de la légitimité de cette dette ni se demander si donner priorité à son règlement n’est pas la source du chômage. J’avais dit au cours de la campagne présidentielle que « traiter de la dette sans parler de l’émission de monnaie et de crédit est comme vouloir changer de chaussettes sans se laver les pieds » . Je dois malheureusement le répéter.

    Qui plus est, au sein d’une tempête financière, prétendre réformer le droit du travail en le rendant plus protecteur pour les salariés tout en soutenant les entrepreneurs par plus de flexibilité revient à tenter de résoudre le problème de la quadrature du cercle, ou plutôt à servir le plus fort. Ajoutons qu’il est souhaitable de créer une Banque publique d’investissement, mais que la version Moscovici n’est que la mise en commun des moyens d’Oséo, de CDC-entreprises et du Fonds stratégique d’investissement, c’est-à-dire un collage sans vision ni portée.

    « Je suis en situation de combat » , nous a dit le Président de la République. Eh bien non, car l’être supposerait de lever les contraintes qui bloquent la croissance réelle de l’économie, détruisent la justice sociale et conduisent au chaos. Combattre, ce serait imposer aux banquiers la séparation totale des banques, pour que les banques de dépôt et de crédit financent ce qui est nécessaire à la reprise, mettre en œuvre une politique de crédit public pour fixer l’horizon et entreprendre une sortie du système de l’euro tel qu’il a été imposé, véritable garrot imposant l’austérité monétariste. François Hollande prétend assurer la justice sans changer la règle du jeu. Il reste entouré de ces apôtres de la rigueur que Léon Blum dénonçait à son procès de Riom pour nous avoir conduit au désastre économique et à la guerre. C’est aujourd’hui encore pire qu’un crime, une erreur fatale.