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    Guerre et Souveraineté

    mercredi 26 février 2014

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    L’édito de Jacques Cheminade

    Nous voici arrivés à un moment de l’histoire où ne pas aller à l’essentiel condamne à sa propre destruction. Car nous sommes à la fois face à un risque de guerre et à la chute du système financier et monétaire de la zone transatlantique. Nous ne sommes pas les seuls à réagir. Jacques Attali, dans l’Express du 23 janvier 2013, écrivait : « Tout se met en place pour que menace une Troisième Guerre mondiale. » Dans une interview de novembre 2007, Danielle Mitterrand montre, elle, l’impuissance de nos dirigeants face à la matrice qui engendre ce risque de guerre : « Je disais à François : puisque tu as le pouvoir, pourquoi tu ne t’en sers pas pour changer le pays ? Il répondait : Je n’ai pas le pouvoir, la France, comme le reste du monde, est assujettie à une dictature financière qui gère tout. » Aujourd’hui, c’est cette dictature qui non seulement gère la guerre, mais y conduit.

    Les évènements qui se produisent en Ukraine en sont la manifestation. Pour la première fois en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, des milices fascistes occupent la rue à Kiev et tiennent le nouveau pouvoir sous leur menace. L’Union européenne, loin de s’opposer à elles, a joué le rôle de marchepied. La solution, en termes diplomatiques, serait claire : Paris, Berlin et Moscou doivent s’entendre pour faire prévaloir l’apaisement, désarmer les milices et garantir l’unité et l’intégrité territoriale du pays. Comme le dit Hélène Carrère d’Encausse, l’Europe doit tenir la Russie pour un corps européen et non un Etat qui lui est étranger.

    Cependant, il ne s’agit là que d’un rêve diplomatique tant que la cause de ces tragiques évènements ne sera pas traitée. Et c’est là qu’il faut se souvenir des paroles de Danielle Mitterrand et rejeter l’esprit de soumission de son mari. L’oligarchie financière, celle de la City et de Wall Street, porte aujourd’hui la guerre comme un tigre blessé devient mangeur d’hommes. Tant qu’un coup d’arrêt ne lui sera pas porté, la guerre menacera et l’austérité sociale deviendra de plus en plus féroce. L’argent fou, décrit dans « Les banquiers : ils avaient promis de changer », sur France 3 le 15 mai 2013, rend les peuples fous. Aussi faut-il agir tout de suite. Oui mais comment ? ne cesse-t-on de nous demander. Eh bien, en paralysant le système de l’argent fou et de la guerre en son cœur même, par une vraie réforme bancaire mettant les comptes des institutions financières cartes sur table et reconnaissant leur faillite. En d’autres termes, il s’agit d’arracher les dents à cette oligarchie financière qui, par sa nature même, provoque des conflits, jusqu’à l’ultime si on ne l’arrête pas.

    Alors, pourquoi les gouvernements ne le font-ils pas ? Pourquoi Moscovici a-t-il fait le contraire ? Pourquoi les peuples, et d’abord le nôtre, ne se mobilisent-ils pas pour l’imposer ? Parce que, depuis plus de quarante ans, une politique insidieuse et constante a mis les gouvernements sous la coupe de l’oligarchie financière, désorientant et abêtissant les peuples pour les réduire à une servitude volontaire.

    Pour agir, nous devons retrouver quelque chose qui s’appelle « souveraineté nationale ». Elle n’est pas un repli chauvin ou un national monétarisme se substituant à un mondialisme prédateur, mais une nouvelle Résistance inspirant une nouvelle Libération. La réforme bancaire pour laquelle nous nous battons ici aujourd’hui était inscrite par des résistants, socialistes, communistes et gaullistes, au cœur du programme du Conseil national de la Résistance. C’est à partir de là, en rassemblant les souverainetés individuelles, que doit se reconstruire ce pacte conclu entre la France et la liberté du monde. L’Ukraine est proche. L’élève de François Mitterrand devrait se souvenir que son maître avait su rejoindre la Résistance après avoir fréquenté assidûment Vichy.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.