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    Hiroshima, Nagasaki : agissons contre ce qui nous menace aujourd’hui

    mercredi 5 août 2015

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    Déclaration de Jacques Cheminade, Président de Solidarité et Progrès

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    Paris, le 5 août 2015— Le soixante-dixième anniversaire des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki doit être commémoré en agissant contre le danger qui nous menace aujourd’hui. Car l’horreur de ce passé n’a pas suffi à mettre fin à la menace de l’arme atomique. Dans les conditions de l’effondrement actuel du système financier transatlantique, les forces les plus extrêmes de l’oligarchie financière anglo-américaine pratiquent de nouveau le chantage nucléaire. Il faut répondre «  jamais plus  », non pas seulement comme une injonction morale, mais en combattant pour rassembler les principales nations de la Terre en vue d’un objectif commun de paix par le développement mutuel.

    Les faits sont là. Contrairement aux promesses qui avaient été faites après la chute du mur de Berlin, les forces de l’OTAN se sont projetées aux frontières de la Russie. Elles ont provoqué en Ukraine un coup d’état ayant conduit à un changement de régime. En septembre, les exercices militaires de Trident Juncture impliqueront la possibilité de faire usage de l’arme nucléaire dans un nouveau conflit. Les États-Unis s’apprêtent, dans quelques années, à produire une nouvelle version de la bombe nucléaire B61-12. Au Moyen-Orient, le Président américain a pris la décision de faire procéder à des bombardements à l’intérieur du territoire syrien, sans consulter le Congrès, comme l’y obligeait la Constitution de son pays, et sans consulter davantage le gouvernement de Damas, alors que son allié Turc bombarde les forces kurdes qui sont en première ligne pour combattre l’Emirat !

    Il s’agit d’un retour à la situation de la guerre froide, en pire, puisque l’illusion du président Obama et des nouveaux dirigeants militaires qu’il vient de nommer est de détruire ou d’arrêter la capacité de seconde frappe russe en riposte à une première frappe de l’OTAN. La Russie, elle, riposte à son tour logiquement en se réservant la possibilité d’avoir recours à l’arme nucléaire si ses intérêts vitaux ou ceux de ses alliés se trouvaient menacés. Le face à face est là.

    Il faut arrêter ce jeu mortel. Hier, les présidents américains Eisenhower, Kennedy, Reagan et Clinton, et même Nixon et Bush père, étaient tous déterminés à éviter tout recours à l’arme nucléaire. Ainsi, ils s’étaient détachés sur ce point de la doctrine Truman, qui avait conduit à lancer les deux bombes atomiques non pour mettre fin à la résistance d’un Japon qui avait déjà capitulé, mais pour créer la terreur permettant d’imposer une gouvernance mondiale anglo-américaine. Il faut bien comprendre qu’Obama, après Bush fils et Cheney, est aujourd’hui revenu à la doctrine de chantage nucléaire de Truman, de Lord Russell et de John Foster Dulles. C’est ce qui fait tout le danger de la situation actuelle, en ce soixante-dixième anniversaire de Hiroshima et Nagasaki. Une guerre nucléaire est redevenue possible.

    La seule façon de rétablir la paix est d’abord d’inciter les responsables américains à mettre Obama politiquement hors d’état de nuire, en multipliant les pressions sur eux à cet effet. Ensuite, d’organiser une Conférence mondiale bannissant réellement le recours à l’arme nucléaire et adoptant la stratégie d’un développement mutuel gagnant-gagnant tel que l’ont défini le Président Xi Jinping et le Premier ministre Modi. Il faut en même temps que l’OTAN et l’Union européenne assurent qu’elles ne s’étendront pas en Ukraine et qu’une réelle collaboration soit assurée avec le Président Poutine au Moyen-Orient.

    Le recours à l’arme nucléaire est un crime contre l’humanité. Revenir à une conception de l’homme définie par ses capacités créatrices s’exprimant par des découvertes de principes et des applications technologiques d’un niveau de plus en plus élevé et au bénéfice de tous rend l’idée même d’un recours à l’arme nucléaire odieux et honteux.

    La France a l’occasion de relever une grande querelle en se situant aux avant-gardes de la paix mondiale par le développement économique mutuel. Car la finance a un visage : c’est aujourd’hui celui de notre mort.