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  • Il faut proclamer l’état d’urgence financier en Europe

    samedi 16 juillet

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    Les principales banques de la zone euro se trouvent en état de faillite virtuelle. Pour un grand nombre d’entre elles, leurs capitaux propres par rapport à leurs engagements ne dépassent pas 5 %.

    En ce qui concerne la Deutsche Bank, décrite par le Fonds monétaire international comme une bombe à retardement pour l’économie mondiale, ce chiffre est de 2,76 %. Ce qui signifie en clair que la défaillance de 2 % de ses clients provoquerait sa faillite officielle. Les banques italiennes sont dans une situation encore plus désespérée : elles portent environ 360 milliards d’euros de créances douteuses, alors que nos principales banques françaises, et tout particulièrement BNP Paribas, leur sont étroitement liées et que les agents financiers italiens sont les principaux détenteurs (environ 16 %) de notre dette souveraine à long terme. En Grande-Bretagne, les liquidités de six poids lourds de la finance immobilière ne peuvent plus faire face aux retraits de leurs clients.

    Comme tous ces intérêts se tiennent, un effet domino, déclenché par la faillite d’une seule grande banque, entraînerait tout le système financier avec elle. Les Etats et leurs banques centrales, qui ont absorbé les mauvaises créances des banques privées depuis 2008, ne sont eux-mêmes plus capables de secourir à chaud le système.

    C’est pourquoi il faut proclamer sans tarder l’état d’urgence financier en Europe, pour éviter la perte de contrôle de tout le système. Certes, l’on peut se réjouir de voir les banquiers centraux et les grandes banques punis pour leurs propres crimes financiers. Cependant, le risque est de voir s’effondrer avec eux toute l’économie, avec des conséquences sociales et humaines catastrophiques.

    C’est pourquoi il faut intervenir à froid et de sang-froid. Tout d’abord en recapitalisant les secteurs sains et utiles des principales banques menacées, en particulier la Deutsche Bank. Cette mesure ne pouvant avoir cependant qu’un effet très bref, il faut tout aussi immédiatement procéder à une séparation bancaire, de type Glass-Steagall, isolant la spéculation sur les marchés financiers des activités concernant l’économie physique réelle.

    C’est le Glass-Steagall de Franklin Roosevelt et le système dont nous-mêmes disposions à la Libération, avant que les opérations bancaires utiles ne soient noyées dans les paris des « banques universelles ». Il ne s’agit pas d’une mesure technique, mais d’une mesure de salut public devant s’accompagner de l’annulation des dettes illégitimes.

    Le but est de substituer à un système mondial reposant sur l’enchaînement des peuples à des dettes de jeu, qui les conduisent à leur destruction, un système de crédit public qui promeuve les grands projets engendrant, par leurs effets bénéfiques, les ressources permettant de le rembourser.

    Il ne s’agit pas d’une discussion qui demande réflexion dans les allées et les bureaux du pouvoir. Il s’agit de se donner les moyens d’empêcher l’effondrement de l’économie mondiale et d’éviter la guerre qui l’accompagnerait inéluctablement.

    C’est une question de vie ou de mort, qui devrait être le sujet déterminant de notre élection présidentielle et, plus généralement, de notre débat politique, si ses participants retrouvaient en eux-mêmes la volonté de servir et de survivre.