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    L’aide humanitaire russe aux résidents du Donetsk est légitime

    mardi 12 août 2014

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    Déclaration de Jacques Cheminade, président de Solidarité et Progrès

    Paris, le 12 août 2014 – L’envoi du convoi humanitaire russe « sans escorte militaire » vers l’est de l’Ukraine est une décision légitime. Vladimir Poutine a souligné, lors d’un entretien avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, que la Russie agit « en coopération avec la Croix Rouge ».

    Légitime, cette aide l’est absolument dans le contexte où l’armée ukrainienne utilise désormais des bombes au phosphore à fragmentation et des missiles balistiques SS 21 contre les populations. De telles armes ne sont pas utiles contre des forces d’autodéfense ou de guérilla, mais visent les maisons, les centrales électriques ou les hôpitaux. Lougansk et Donetsk se trouvent privées d’eau, d’électricité, de nourriture et de médicaments. Aussi, les protestations du président Obama, qui juge l’aide russe « inacceptable », « injustifiée et illégale », relèvent-elles d’un cynisme hypocrite qui est la caractéristique du personnage. Car ce sont bien les Etats-Unis et le Royaume-Uni qui soutiennent les crimes de guerre commis contre les Ukrainiens de l’est.

    Les pays qui ont invoqué la « responsabilité de protéger » pour justifier leurs opérations militaires en Irak, en Libye et aujourd’hui contre l’Emirat islamique, ont maintenant l’aplomb de condamner l’aide humanitaire russe en y voyant le prélude à un déploiement militaire ! Disons-le brutalement : si la « responsabilité de protéger » devait être évoquée, la Russie aurait les meilleures raisons du monde d’intervenir par tous les moyens pour protéger les russophones d’Ukraine. Vaudraient-ils moins que les Libyens de Benghazi ?

    Il est temps que la France revienne à une politique gaullienne, car l’atlantisme conduit à la guerre. Nous devons aider les centaines de milliers d’Ukrainiens qui ont trouvé refuge en Russie et en aucun cas bloquer l’initiative russe en Ukraine, comme l’OTAN l’a fait pour les convois humanitaires vers les enclaves serbes au Kosovo. Nous devons exiger la dissolution des milices néo-nazies qui opèrent auprès de l’armée du régime putschiste de Kiev.

    Il est temps que nous revenions à une option de paix par le développement mutuel, laissant M.M. Rasmussen, Obama et Cameron à leurs fantasmes sans autre avenir que la guerre. Nous devons aider la Russie à sortir de son économie de rente et à sa déoffshorisation. Le futur, pour la France, se trouve dans une politique eurasiatique et européenne de détente, d’entente et de coopération, fondement de la paix entre nations et socle d’une politique spatiale conjuguant les intérêts communs de l’humanité. C’est cette politique dont notre mouvement a tracé les grandes lignes. Peu de temps nous est laissé pour éviter le pire.