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    Le 8 mai, ce qui nous oblige

    vendredi 8 mai 2015

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    Déclaration de Jacques Cheminade.

    Les commémorations nous enserrent dans leur nasse sauf si nos cœurs et notre raison en font promesse de futur. Ceux qui ne sont plus là et qui sont morts pour la cause de la France et de l’humanité, les 1038 hommes, les 5 communes et les 18 unités combattantes qui reçurent la Croix de la Libération, les quatre qui rentreront au Panthéon le 24 mai, ceux qui étaient Français de nationalité et tous ceux qui se battaient à leurs côtés, les victimes de l’abomination nazie et tous ceux qui souffrirent le malheur nous obligent aujourd’hui.

    Nous obligent à ouvrir les yeux et à regarder loin et droit devant nous. Les nouveaux orages que nous voyons arriver portent en effet à nouveau le mal et la plupart d’entre nous sont aveugles comme le furent leurs grands parents et leurs arrières grands parents. Le temps d’un sursaut est donc venu pour faire face à une histoire qui bégaye. La France doit retrouver la place qui lui est due, celle que ses amis tentèrent de lui refuser en 1945 et qu’aujourd’hui nos propres responsables abandonnent, livrés à leurs querelles subalternes et à leur esprit de Cour.

    Reprendre cette place eut exigé que nous soyons à Moscou demain pour participer à une commémoration qui ne sera ni une ode au communisme ni à une célébration du régime Russe actuel mais un hommage au peuple russe et à ses 25 millions de morts, et aux peuples biélorusse et ukrainien dont respectivement 25% et 16% disparurent dans la fournaise. Un hommage aussi aux aviateurs de notre escadron Normandie Niémen et à ceux qui remportèrent la bataille décisive de Koursk. Même pendant la guerre froide, notre victoire partagée contre le nazisme était considérée par tous comme une espérance de coopération et d’entente.

    Reprendre cette place exige donc qu’au nom de cette espérance nous refusions de relancer une guerre froide sur notre continent, et bien pire qu’elle si nous continuons. Surtout, que nous élevions la politique de la France à l’échelle du défi du monde. Cela ne signifie pas je ne sais quel axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou, mais de créer l’environnement mondial d’un grand dessein d’entente, de détente et de coopération économique et culturelle. La Chine et l’Inde doivent y jouer désormais un rôle majeur, en vue des objectifs communs de l’humanité. L’exploration spatiale, la maîtrise du climat, la mise en valeur juste et partagée des produits de la recherche scientifique et des technologies nouvelles sont les moyens de rassembler les peuples du monde pour créer l’environnement par nature hostile à la guerre qui manquât au XXe siècle. La politique des gouvernements américain, britannique et israélien actuels ne doivent pas nous empêcher d’espérer aussi que les peuples de ces pays se joignent aux autres. La part américaine, lorsque les Etats-Unis seront revenus, et nous espérons que ce sera bien plus tôt que les pessimistes ne le pensent, à la politique de leurs pères fondateurs qui se libérèrent de l’Empire britannique, sera une fois de plus indispensable. Je sais que la suppression du prêt-bail en faveur de l’Union soviétique, dès le 11 mai 1945, après la mort de Roosevelt, eût sa part dans la guerre froide. A l’Amérique de revenir à sa raison d’être, à nous de l’y aider sans complaisance.

    La France ne serait-elle plus en mesure de peser ? Rappelons les paroles de Charles de Gaulle, le 12 décembre 1943 à Constantine : « ...bref, si, dans un monde que tout pousse à se transformer, la France devait, pour la première fois depuis qu’elle est la France, prétendre demeurer figée dans son passé, alors il serait inutile de parler de redressement ».

    Oui, la France doit se transformer pour être fidèle à sa raison d’être, car aujourd’hui aussi l’enjeu est la condition humaine et non l’opportunisme commercial, l’art pitoyable de la manœuvre politicienne et l’illusion médiatique qui sont tous les masques et les marques de la soumission.