Libérons-nous de l'occupation financière
  • J’agis !
  • Archives

    Les barbelés de la pensée

    mercredi 7 octobre 2015

    Partagez l'article

    Nous voici, en cet octobre 2015, face aux grands enjeux du monde. Comment assurer les conditions de la paix par une politique de développement mutuel, gagnant-gagnant ? Comment mobiliser les moyens humains, économiques et financiers pour mettre en œuvre cette politique ? Où trouver les sources d’énergie du futur, permettant d’alimenter la production nécessaire à des sociétés répondant au droit à la dignité de chacun, intégrant jeunes et vieux ? Comment gérer la révolution de la société digitale et robotique qui détruira les emplois répétitifs pour leur en substituer d’autres, plus créateurs ? Comment faire face aux flux de réfugiés qui échappent à la guerre et à la misère ? Les réponses que nous serons capables d’apporter à ces défis, en nous organisant pour le faire, détermineront le monde dans lequel nous-mêmes, nos enfants et nos petits-enfants allons vivre. Cela s’appelle la politique.

    Questions d’autant plus lancinantes que la guerre gronde à l’horizon, la violence et l’inégalité s’installent, le système financier et monétaire dans lequel nous avons vécu s’effondre et l’éducation n’engendre plus la joie de créer ni l’espérance d’un épanouissement dans un travail qualifié. Or les discours des partis existants ne portent sur aucun de ces grands enjeux du moment. Ceux qui sont au pouvoir se parent d’idéologie pour cacher leur soumission au monde de l’argent. Ceux de l’opposition surenchérissent et font de l’austérité appliquée aux autres une vertu. Tous sont devenus des écuries au service d’hommes de caoutchouc, tandis que les partis extrémistes se perdent dans des querelles intestines ou familiales sans bâtir de discours cohérent. Un électorat désorienté se débat ainsi dans les barbelés de la pensée, passant du pessimisme à des bouffées de rage, comme à Air France.

    «Vivre et penser comme des êtres humains responsables du futur»

    Les médias ne donnent à entendre que des petites phrases sur des petits sujets, en espérant « faire le buzz ». Hier la saga des Cahuzac et des Thévenoud, le lendemain les aventures de Carla, Valérie et Julie, puis les nouveaux réactionnaires face aux bobos libéraux, et aujourd’hui Nadine Morano en Madame Sans-Gêne. Comme le disait en son temps Gilles Châtelet, ils veulent nous faire « vivre et penser comme des porcs », rivés aux trous de serrure de l’histoire sans faire face à nos responsabilités.

    Notre rôle, ici, est précisément de prendre les choses à bras le corps. Notre mission, de faire de ce temps électoral qui vient jusqu’en 2017 celui du renouveau. Pour vivre et penser comme des êtres humains responsables de leur futur.

    Dans le monde, pour aussi imparfaits qu’ils soient, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), rejoints par beaucoup d’autres, constituent un front de résistance et d’émergence. C’est avec eux que nous pourrons créer « un monde sans la City ni Wall Street » . Avec eux nous pouvons secouer l’Europe et l’Amérique en redevenant pionniers, en adoptant le parti de la liberté et du risque. La France, nous devons la concevoir comme cette idée servant la cause de l’humanité, et non comme ouverte aux vents destructeurs ou repliée dans le rejet de l’autre. C’est ainsi que la question des migrants peut et doit être traitée. Arrêtons les guerres criminelles et stupides de l’OTAN, qui ont créé les conditions d’une culture de la mort, et menons le combat au Moyen-Orient avec tous ceux qui n’en ont pas alimenté les flammes. Battons-nous pour une culture de la vie, permettant le retour des réfugiés dans leurs foyers et fournissant aux pays de premier asile les moyens de loger, alimenter et éduquer ces réfugiés, avec les agences de l’ONU et les ONG, comme Médecins sans frontière, qui gèrent l’aide humanitaire. Accueillons avec nos moyens ceux qui sont arrivés jusqu’à nous, car il y a un devoir d’asile, mais traitons leur malheur à la racine, en créant l’environnement qui en élimine les causes.

    Battons-nous sans mâcher les mots, car les grands enjeux du monde, ce sont nos enjeux à chacun.