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    Ma campagne face à l’anesthésie collective

    mercredi 7 mars 2012

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    Le système financier et monétaire international se désintègre. L’Europe se décompose. Le monde réduit le travail humain à une marchandise et plus du quart des Français à la précarité. Comme toujours dans l’histoire lorsque de telles conditions sont réunies, l’oligarchie qui exerce le pouvoir et voit son contrôle lui échapper joue la carte du chantage à la guerre. Nous y sommes. L’Occident et ses clients font face aux pays de la zone Pacifique : avec notre participation, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont déployé dans la région du golfe Persique une armada dont le pouvoir de destruction dépasse de loin celui qui serait nécessaire contre l’Iran. Il y a donc un risque immédiat d’escalade vers un affrontement nucléaire. Le 5 mars, on a pu lire dans le Washington Post une page payante signée par des responsables américains de premier rang, mettant en garde contre la machine infernale que déclencherait une frappe contre l’Iran. En Israël, les anciens du Mossad, comme Meir Dagan, multiplient leurs avertissements contre l’aventurisme militaire de Netanyahou et de son ministre de la Défense, Barak. Même eux, mais pas nous.

    En effet, aucun de ces sujets mettant en cause notre avenir n’est traité par les « grands » candidats de notre élection présidentielle. On s’y gargarise de débats sur des sujets comme la viande hallal, sans même dire que si l’on continue comme on va, il n’y aura plus de viande, hallal ou pas, pour nourrir l’humanité. « Qu’ils broutent des agrocarburants », nous disent les Marie-Antoinette du XXIe siècle. On se gargarise de statistiques qui n’ont aucun sens, car elles sont faites à partir de données prélevées sur un corps économique malade. Dénominateur commun de Bayrou, Sarkozy et Hollande : tous trois veulent l’équilibre budgétaire, l’un en 2015, l’autre en 2016 et le troisième en 2017, sans comprendre que l’économie est une dynamique physique et non le garrot de l’équilibre. Derrière cela, il y a l’austérité imposée aux victimes et le renflouement offert aux coupables, les grandes banques devenues autant de casinos, alimentées par la Banque centrale européenne de Mario Draghi, l’ex de Goldman Sachs.

    Ma campagne s’oppose à cette anesthésie ambiante. Car je parle d’abord de ce dont les autres ne veulent pas parler, c’est-à-dire de la réalité : la Grèce n’est que le premier domino, la guerre viendra lorsque tomberont les autres

    Si j’étais élu, et je veux créer les conditions pour que tout autre élu que moi doive le faire, je mettrais d’abord hors d’état de nuire le système financier prédateur actuel en séparant totalement les banques de dépôt et de crédit d’une part, des banques d’affaires de l’autre. Les banques, car si, comme le dit François Hollande, on ne sépare que les activités en les gardant sous un même toit, la confusion des genres continuera. Roosevelt l’a fait aux États-Unis en 1933 et nous-mêmes à la Libération. Les banques d’affaires ne doivent plus être renflouées, mais elles doivent payer leurs propres dettes de jeu et être mises en faillite si elles en sont incapables. Je donnerai ainsi, dès le départ, l’exemple aux autres dirigeants du monde.

    Je me rendrai alors immédiatement à Bruxelles, Washington, Moscou et Pékin porteur de trois engagements fondamentaux.

    Le premier est de réunir de toute urgence une consultation mondiale pour jeter les bases de la paix et de la justice sociale par le développement mutuel. En arrêtant les spéculations monétaires par un système de taux de change fixes.

    Le second est de créer dans les principaux pays du monde, à commencer par le nôtre, un système de crédit productif public qui sera le fondement de cette paix et de ce développement. Il faut faire de l’Europe, de l’Eurasie et du monde un grand chantier créateur d’emplois qualifiés : l’économie, ce n’est pas gagner de l’argent en faisant un bénéfice, mais créer les meilleures conditions possibles pour que s’exprime la création humaine. L’éducation et la recherche doivent en être les piliers, et non les éternels sacrifiés au profit financier.

    Le troisième est de lancer ainsi une plate-forme de grands travaux à l’échelle du monde. Les formes de production d’énergie et les technologies les plus denses devront en être le fondement, ce qui signifie toutes les ressources de la physique nucléaire, non en répétant toujours les mêmes technologies mais en en incorporant constamment de nouvelles, qui nous ouvriront les portes du développement de l’Afrique et de l’exploration spatiale. Car si on ne voit pas loin, on devient myope et si on reste au berceau, on ne peut pas grandir. Sans le nucléaire, il faut accepter la décroissance physique, qui conduirait fatalement à la guerre dans un monde de ressources limitées.

    Voilà donc les vrais enjeux d’une présidentielle : non pas « combien ça coûte » mais comment construire ensemble le monde de demain dont la France doit être le catalyseur. Sortir du bourbier de l’oligarchie pour voir avec les yeux du futur.

    Jacques Cheminade