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  • Monsieur le ministre des Affaires étrangères, vous devez partir

    lundi 16 septembre 2013

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    Jacques Cheminade
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    Déclaration de Jacques Cheminade

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    Paris, le 16 septembre 2013 — M. Laurent Fabius, vous avez assumé le ministère des Affaires étrangères en y imposant un cours nouveau. Votre politique est un échec. Vous devez en tirer les conséquences.

    Vous avez rompu avec la continuité stratégique pratiquée par notre diplomatie depuis plus de quarante ans pour renouer avec l’atlantisme de la IVe République, notamment au Proche-Orient. Nos alliés d’hier, les pays émergents qui seront les grandes puissances de demain, nous ont tourné le dos et se sont regroupés autour de la Russie. Vous avez ainsi permis à M. Poutine d’étendre sa zone d’influence géopolitique au-delà de ses propres espérances.

    Vous avez incité le Président de la République à prendre position au nom du droit de punir et de la responsabilité de protéger, sans avoir les moyens de mettre ces principes en pratique.

    Vous avez exigé le départ de Bachar al-Assad, c’est-à-dire de fait un changement de régime, alors que la politique constante de la France est de reconnaître les Etats sans s’immiscer dans leurs affaires intérieures.

    Vous vous êtes ainsi aligné sur les positions du Qatar, de l’Arabie saoudite et des djihadistes que leurs services promeuvent. Vous avez donc failli à protéger les minorités de la région, notamment chrétiennes.

    Vous avez finalement fait déposer un projet de résolution aux Nations unies sur la Syrie, auquel même le président Obama a mis son veto.

    Vous avez laissé ou fait dire à certains de vos collaborateurs ou à certains ministres que c’est la fermeté française qui a conduit la Russie à faire sa proposition sur le démantèlement des armes chimiques du régime syrien. Vous avez ainsi joint le ridicule à l’inadmissible.

    Il est donc temps que vous partiez. Vous avez dit un jour que vous laissiez le Président de la République s’occuper seul des questions économiques, car pour votre part, vous vous occupiez des affaires étrangères. Eh bien, vous devez prendre vos responsabilités, en ouvrant ainsi au Président une porte de sortie dans l’impasse où vos préjugés l’ont fourvoyé. Ce geste de votre part serait le seul de nature à nous extirper du bourbier dans lequel nous nous sommes égarés. Laissons pour le reste nos experts sur le terrain, qui sont parmi les plus compétents du monde, aider au démantèlement des armes chimiques sur place.

    Pour le reste, la France doit défendre le seul projet qui offre un avenir à l’Asie du Sud-Ouest, la paix par le développement mutuel, en lui donnant les ressources qui lui permettent de le mettre en œuvre. L’on ne peut y parvenir qu’en mettant fin au règne de l’oligarchie financière de la City et de Wall Street, qui est par nature prédateur et incompatible avec des projets à long terme permettant d’équiper l’homme et la nature.

    Cela ne peut se faire qu’armé d’un Glass-Steagall, et ce devrait être notre grande querelle.