Libérons-nous de l'occupation financière
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    Refondation

    mercredi 19 décembre 2012

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    Les cotes de confiance de François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Jean-François Copé et François Fillon sont en chute libre. Dès lors toute la presse, qui a collaboré pour empêcher que les vraies questions soient posées pendant la campagne présidentielle, leur saute à la gorge en se drapant dans une fausse vertu. Marine Le Pen proclame sans vergogne que le président de la République a été « dévoré » par la finance et Jean-Luc Mélenchon vitupère en adepte d’un nouveau culte, « l’écosocialisme », voyez mes ailes, je suis socialiste, voyez le reste, je suis écolo. Jean-Marc Ayrault, lui, prépare un nouveau tour de vis en engageant une « modernisation de l’action publique » (MAP) qui n’est que la version rose de la « révision générale des politiques publiques » (RGPP) menée sous Sarkozy.

    Ou donner de la tête alors que tous semblent avoir perdu la leur ? Faut-il aboyer avec les nouveaux chiens de garde ou faire preuve de compréhension pour un régime politique qui se tire successivement des balles dans les pieds droit et gauche ? Faut-il sombrer dans une délectation morbide en voyant que l’industrie ne représente plus que 12 % de nos emplois et que la France est tombée au 29e rang pour la compréhension de la lecture ? La réponse est que face à un tel défi, il faut se ressaisir non en tentant de redresser un système mort, mais en allant droit à l’essentiel pour refonder. C’est toute la question que pose la réforme bancaire, celle de l’orientation d’une société et d’un pays. Parler du reste, y compris de Florange, sans traiter ce sujet revient à siffloter sur le pont du Titanic.

    La « réforme » de Pierre Moscovici n’est qu’un sparadrap sur les jambes de bois d’une meute financière. Karine Berger, la rapporteure du projet, s’en défend avec beaucoup de talent sur son blog, mais c’est pour reconnaître elle-même que si la « banque universelle » s’est trouvée au centre de la crise de 2007-2008, la réforme vise à la préserver ! Etrange bébé alors que l’on fait aveu de fausse couche. Sur le plan strictement économique et technique, nous préférons nous en remettre à des experts qui, après que j’ai moi-même soulevé le lièvre depuis plus de dix ans, ont fait un excellent travail de fond.

    Lisons donc Thierry Philipponnat, de Finance Watch, Laurence Scialom, de Terra Nova, Jérôme Cazes, président du Club des Vigilants, Christophe Nijdam, d’Alpha Value, et Jacques Julliard dans le Marianne de cette semaine : tous concluent, avec des arguments compétents, à une séparation stricte, sous des toits différents, des activités bancaires. Sous le même toit, et même avec les ciseaux aiguisés de Mme Berger, l’inceste financier poursuivrait en effet son activité destructrice.

    Alors, si tant de bons arguments sont apportés de tant de sources, que vient ajouter notre campagne ? C’est simple. Eux, dans leur grande majorité, veulent un Glass-Steagall entre connaisseurs. Nous sommes convaincus que l’on n’y parviendra jamais sans base politique élargie et populaire. Surtout, Glass-Steagall est une clé nécessaire pour assainir, mais pour ouvrir la porte du futur il faut un système de crédit productif public, incompatible avec le système européen actuel et la Banque centrale européenne de M. Draghi et de ses ex de Goldman Sachs. C’est ce crédit qui permettra de créer des emplois qualifiés avec de grands projets Est-Ouest et Nord-Sud, sur la base des technologies les plus avancées de l’époque et d’une société portée par un vecteur de découverte scientifique.

    Bref, refonder une France, une Europe et un monde redonnant priorité aux pouvoirs créateurs de l’homme, et non à la gestion par une oligarchie incapable d’assurer un autre avenir que sa gestion malthusienne de plus en plus destructrice. La paix par le développement mutuel ou la guerre de tous contre tous : voilà le vrai sujet de la réforme bancaire, notre sujet.