Libérons-nous de l'occupation financière
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  • Reprendre le gouvernail

    mercredi 14 septembre

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    Depuis plus de quarante ans, les dirigeants de notre pays en ont abandonné le gouvernail. Nous avons perdu notre souveraineté monétaire dans un monde livré à la dictature du court terme financier.

    Nous nous sommes soumis à un système criminogène qui enrichit les plus riches, matraque les classes moyennes et appauvrit les pauvres. Le Titanic atlantiste sur lequel nous avons été embarqués se dirige droit sur les récifs du chaos économique et de la guerre car il est devenu incapable de nourrir et de faire vivre le monde de demain.

    Les candidats à l’élection présidentielle qui ne sont pas prêts à changer de cap deviennent les collaborateurs du désastre. Il s’agit, hélas, de la quasi-totalité d’entre eux. Car ceux qui croient que c’était mieux avant, tout comme ceux qui pensent pouvoir s’adapter au monde où s’est déroulée leur carrière, ne sont pas prêts à se battre pour une France meilleure servant la cause de l’humanité et non celle des banques casinos. Ce que je peux apporter dans cette campagne est de montrer le cap pour sortir du piège où ils nous enferment avec des paroles gelées, en embarquant les Français avec moi.

    Ils ne peuvent et ne veulent pas voir que, par delà les Etats-Unis et l’Europe, le monde se détache de l’idéologie du profit immédiat, de la géopolitique et du pillage des ressources. La Chine, au G20 qui s’est tenu à Hangzhou, a dessiné un avenir de développement mutuel, « un avenir gagnant/gagnant » substituant le développement économique mutuel à la géopolitique prédatrice. La Russie, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, avec les nouvelles institutions économiques des BRICS et de la Nouvelle Route de la soie, définissent un monde où la découverte scientifique, l’innovation et l’investissement dans les infrastructures peuvent donner le la à l’orchestre du monde. Lyrisme, angélisme, illusion ? Non, car la montée en puissance de la Chine, économique et non agressive, est une réalité. Cela ne veut pas dire qu’il faut se coucher devant un nouveau maître.

    C’est le moment de prendre place dans le poste de pilotage du futur. Car les dirigeants américains sont devenus des pitres dévoyés qui détruisent leur propre peuple. Chez nous, tels que je les suis avec attention, tels que je les ai récemment écoutés avec beaucoup de patience, je ne vois que des responsables politiques tentant de s’incruster dans un système moribond.

    Dans notre pays où les suppressions de postes s’accumulent, dans une Europe où l’économie stagne, dans une France triste, désunie et segmentée, ils se pavanent devant des lucarnes médiatiques ou numériques qui leur font comme un cortège funèbre. J’en ai vu certains, aux Assises du Produire en France, à Reims, surgir avec leur meute, sans égard pour les discours prononcés par d’autres moins médiatiques qu’eux. J’ai vu le privilège accordé à ceux dont on sait déjà tout. Pire encore, aucun n’évoque les questions fondamentales de notre politique étrangère, qui sont le cœur du travail d’un Président, et tous pensent une France en dehors de la cause de l’humanité, fondue dans une Europe qui se fait hara-kiri ou repliée sur elle-même. Je pense aux médecins de Molière, mais c’est peut-être encore pire : ils cherchent à capter l’attention et non à tracer la route, ils ajoutent à l’exclusion et à l’exploitation auxquelles ils consentent, la dimension de leur narcissisme impuissant. Ce narcissisme, dominant dans le monde de la finance comme dans celui de la politique, a même gagné celui de la recherche scientifique, avec son cortège de fraudes mesquines, de compétitions basses et d’obsession de la communication.

    Comme l’américaine, notre présidentielle devient ainsi un match pour voyeurs et non une épreuve de vérité. C’est mon engagement, non de me battre contre tel ou tel candidat, mais de rétablir la priorité du bien commun et du bonheur des générations à naître. Aidez-moi à le faire, car l’omission est aujourd’hui devenue crime.


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.