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    Rosetta et l’APEC

    jeudi 13 novembre 2014

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    L’édito de Jacques Cheminade

    Nous entrons heureusement dans un temps où l’humanité regarde de nouveau vers les étoiles. Cela ne veut pas dire qu’elle se nourrit de rêves hors d’atteinte, mais qu’elle se donne des repères et des objectifs concrets pour continuer son histoire.

    Aujourd’hui, à l’heure même où j’écris ces lignes, Rosetta largue le robot Philae vers la comète 67 P pour y analyser les conditions initiales qui ont modelé les destins planétaires et l’apparition de la vie. Les 10 et 11 novembre, les membres de l’APEC se sont réunis à Beijing pour définir les conditions d’un développement mutuel. Alors que la presse a présenté l’enjeu comme une opposition entre la zone de libre-échange Asie-Pacifique parrainée par la Chine et le Partenariat transpacifique négocié par Washington, la réalité est que la Chine et les BRICS ont inscrit les moyens d’une nouvelle impulsion de l’économie mondiale, par delà même l’horizon de l’Asie. Il s’agit de grands travaux ouverts à tous et de la force tractrice qu’exercera le programme spatial chinois.

    Rosetta et APEC sont ainsi le double reflet de projets mobilisant vers le futur la capacité créatrice des êtres humains, en vue d’objectifs communs, seuls de nature à assurer une paix par le développement mutuel. Rosetta est l’ambassadrice d’une Europe spatiale, une extraordinaire réussite après plus de dix ans de voyage aboutissant au rendez-vous d’aujourd’hui, à 500 millions de kilomètres de la Terre. En même temps, l’Agence spatiale européenne projette une base lunaire construite en impression 3D à partir de la poussière de notre satellite. Elle rejoint ainsi le projet à long terme chinois d’extraire de l’hélium 3, relativement abondant sur la Lune, pour produire sur Terre des réactions de fusion thermonucléaire susceptibles de nous offrir une source d’énergie quasi infinie, à coût très faible et pratiquement sans déchets.

    Voilà encore le candidat présidentiel « loufoque » qui se met à rêver, diront les journalistes qui ont couvert ma campagne en 2012. Qu’ils se mordent leurs doigts mais pas les nôtres. Car c’est la marche de l’humanité rassemblée vers cet horizon lointain qui assurera notre avenir. Ces mêmes journalistes s’efforcent, eux, de nous faire partager leur mauvaise habitude de regarder l’histoire par le trou de la serrure, de Nabilla en Jouyet, de Fillon en Sarkozy et de menti en démenti.

    Il est temps de sortir de ce monde endogame et incestueux qui contrôle notre pays. Ainsi, au pot de départ de Sylvie Maligorne, Hollande et Valls côtoyaient Mélenchon, Valérie Pécresse, Christian Jacob et Jean-Louis Debré. En 2014, on fêta en aussi bonne compagnie l’anniversaire d’Anne Hommel, la conseillère en communication du presque tout Paris, comme en 2012 celui de Julien Dray. Le grand patronat du CAC 40, qui se moque des PME mais pas des paradis fiscaux, se pavane dans des réceptions animées par des artistes contemporains dont il sponsorise le monde sans cœur.

    Portons donc nos yeux vers les étoiles et vers la Chine. Jean-Pierre Raffarin l’a bien compris, en soulignant l’importance capitale de « la ceinture économique de la nouvelle route de la soie ». Le 7 novembre, une délégation « transpartisane » de nos élus s’est rendue en Chine, après le succès rencontré par les 500 participants français au Forum des 1000 PME de Chengdu.

    Combien paraissent donc méprisables, par rapport à ces efforts, les turpitudes de MM. Juncker et Draghi, faux monnayeurs et capitaines de l’évasion fiscale pour le compte des oligarchies financières. Et combien paraît pitoyable une Sylvie Kauffmann qui, tout en reconnaissant les nouveaux blocages et dysfonctionnements aux Etats-Unis comme en Europe, mêle Poutine et Xi Jinping à Erdogan pour affirmer qu’ils « n’ont [pas], à ce jour, avancé d’alternative ».

    Il est temps de dire : « C’est là-haut que ça se passe, arrêtez de regarder le doigt ! »


    L’édito de Jacques Cheminade est publié tous les 15 jours dans le journal Nouvelle Solidarité.