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    Pour Jacques Cheminade, il n’est pas absurde de nationaliser les Chantiers de l’Atlantique (STX)

    mercredi 15 mai 2013

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    Communiqué

    Les Chantiers de l’Atlantique (aujourd’hui STX-France) sont le berceau historique des plus grands paquebots du monde, des géants des mers aujourd’hui devenus navires de légendes comme les Normandie, France et Queen Mary 2, ou encore des navires militaires construits pour la Direction des constructions navales et services (DCNS).

    Nés il y a 150 ans, les Chantiers de l’Atlantique sont directement issus de la fusion des Ateliers et Chantiers de la Loire et des Chantiers de Penhoët en 1955. Aujourd’hui, STX-France est le plus grand chantier naval français et, avec 127 hectares, l’un des plus grands du monde. En 1976, Alstom avait acquis l’entreprise, avant de la céder 30 ans plus tard au constructeur norvégien Aker Yards. Des Norvégiens qui céderont leur part de capital au sud-coréen STX Shipbuilding en 2008.

    Aujourd’hui, le groupe coréen, avec une dette dépassant fin 2012 les 8,5 milliards d’euros, compte sur la cession de ses participations en Norvège, en Chine et en France pour retrouver des marges de trésorerie. Ce n’est donc pas la santé économique du site de Saint-Nazaire qui est en cause, mais sa valeur purement marchande.

    Forts de leurs 4000 salariés directs et indirects, dépositaires d’un savoir-faire stratégique, les chantiers navals, parmi les derniers en Europe, n’ont jamais laissé l’État indifférent. En 2008, lorsque le coréen s’était emparé du site de Saint-Nazaire, l’État français avait accru sa participation de manière à obtenir une minorité de blocage de 33%.

    Si l’entreprise, après deux années sans commandes, a pu éviter le dépôt de bilan en 2012 grâce à la commande pour 1 milliard d’euros du paquebot géant Oasis of the Seas pour le croisiériste Royal Caribbean International (RCI), l’annonce, formulée vendredi 3 mai, d’un retrait de la maison mère, a brutalement rappelé la fragilité du site. STX, de plus, arbitre en faveur d’autres sites des contrats qui pourraient être réalisés par les Chantiers de l’Atlantique, tout en pillant le savoir-faire de ceux-ci.

    Quant aux patrons français : «  Nous ne sommes pas intéressés ni par la reprise de STX ni par celle du volailler Doux », a cyniquement annoncé le PDG d’Alstom Patrick Kron, l’ami de toujours de Nicolas Sarkozy.

    Du côté du gouvernement, on regarde ailleurs. Puisque l’Etat compte vendre les « bijoux de famille » et racler les fonds de tiroirs pour relancer un peu de croissance, la nationalisation est hors sujet. D’ailleurs, dès samedi, les ministres du Redressement productif et de l’Economie, Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici, ont assuré dans un communiqué commun que les déboires de la maison-mère ne sauraient entamer le dynamisme retrouvé des chantiers. « Les chantiers de l’Atlantique (STX France) ont besoin de commandes et pas d’un nouvel actionnaire (...) Nationaliser sans commande ne servirait à rien  » , soulignait Arnaud Montebourg dans un entretien au journal Le Monde daté de dimanche-lundi.

    De leur côté, les syndicats réclament la nationalisation pure et simple du géant nazairien. Nathalie Durand Prinborgne mène ce combat. C’est précisément par ce biais que l’Etat pourrait apporter son aide à Saint-Nazaire : les chantiers devraient être choisis par la Direction générale des armées pour construire quatre pétroliers ravitailleurs pour la marine nationale. Montant du contrat : 1 milliard d’euros...

    Jacques Cheminade pense que les syndicats ont raison et soutient leur combat.